GABOU DIMITRI

Né à Nantes en 1973, il griffonne ses premiers dessins à Ancenis et gagne le premier prix d’un concours de bande dessinée organisé par le salon de la B.D de Monfort-sur-Meu en 1984, puis le deuxième prix en 1986. À cette époque, le jeune dessinateur est très prolifique, il sort ses propres B.D en photocopie noir et blanc, et communique par courrier avec ses auteurs préférés comme Franquin ou Rob-Vel, mais surtout Pévé, le dessinateur de La plus mauvaise B.D du monde, avec qui il restera en contact pendant une trentaine d’année. Durant ses années d’études au lycée Guy Mocquet de Chateaubriant, Dimitri poursuit dans la B.D et amuse ses camarades avec Les aventures de l’inspecteur Mochet, et autres facéties, dans Franche Démence, le journal du Lycée.

Parallèlement, il s’essaye à la peinture, suite à une voyage scolaire en Espagne où il découvre les œuvres des plus fameux peintres espagnols anciens et modernes. Suite à quoi, il expose ses premières œuvres en compagnie du peintre ancenien Génica Cuisnier sur l’île de Versailles à Nantes en 1990. Entre 1991 et 1993, il expose de nombreuses toiles au style pop-surréaliste, teintée d’expressionnisme trash, dans la région d’Ancenis avec ses comparses de l’association Pank’ Art qui avaient imaginé la parenthèse poétique des Arbres bleus à Ancenis. Jeune artiste fou et audacieux, il peint ses amis mais aussi ses idoles qu’il n’hésite pas à rencontrer pour leur offrir leur portrait, comme Marcel Marceau, Iggy Pop et surtout Nino Ferrer qui l’invita dans sa loge pour discuter peinture.

Pourvu d’une production picturale non-négligeable, il est reçu au concours de l’école régionale des Beaux-Arts de Nantes, qui l’intègre sans l’obtention du Baccalauréat (cela ce faisait en 1992). La bande dessinée étant considérée comme un art mineur par ses professeurs, il l’abandonne au profit d’expérimentations graphiques et picturales qui lui serviront des années plus tard pour Les Contes du Bâton. En 1994, il se spécialise dans la vidéo et réalise des films d’études surréalistes et tragi-comique aux multiples influences cinématographiques. La figuration libre tombant en désuétude dans le monde de l’Art et la fiction narrative étant boudée dans l’Art vidéo, Dimitri obtient son DNAP par miracle, grâce à un jury providentiel qui lui attribuera les félicitations. L'année suivante, suite à un conflit l’opposant à certains de ses professeurs au sujet d’une œuvre satirique intitulée La Comédie de l’Art, il rejoint l’option communication où l'équipe pédagogique était plus ouverte sur les projets marginaux. Il marquera ainsi les esprits avec deux happenings artistico-culinaire : Le déjeuner à l’atelier sur l’herbe réalisé avec Luc Monfort dans l’enceinte de l’école, et surtout Drame-Food intra-muros réalisé avec Cédric Tanguy au château d’Oiron en 1998. Il obtient son DNSEP cette année là, de justesse cette fois, le jury n’ayant par supporté l’odeur de la pelouse qu’il avait posée au sol de la salle de présentation.

Sa vie professionnelle fut ponctuée d’une multitude de commandes vidéos de toutes sortes et de petits boulots alimentaires : animateur d’ateliers créatifs et d’éveil musical, professeur des écoles suppléant, graphiste, mais surtout chanteur pianiste intervenant dans différentes structures comme les maisons de retraite, les campings, bars et restaurant. De 1996 aux années 2020, il fut réalisateur ou régisseur vidéo pour divers organismes et compagnies de Théâtre. Il reçoit en 2002 une bourse d’aide de la D.R.A.C de Nantes pour développer ses projets artistiques personnels, notamment une œuvre audiovisuelle axée sur un alter-égo chimérique : LAPINU, barde thérianthrope inspiré des faunes de la mythologie, des monstres de foire, des personnages de B.D et du cinéma fantastique. Ce personnage atypique a produit sept albums musicaux à ce jour, sortis et diffusés par les soins de deux labels américains : LBA records division de Nessel music, et DEJA-VU record company, label de son ami et mentor l’artiste protéiforme : Verne Langdon.

En 2023, il fonde les Éditions Trébuchet avec son comparse Simon Lalu et renoue avec l’illustration et la B.D, tout en poursuivant ses créations audiovisuelles.

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